L'homme et l'animal sauvage

 

 

Hommes et animaux habitent la même terre depuis des millénaires et la vie des uns ne peut se comprendre sans prendre la vie des autres en considération.

Aux temps préhistoriques, l’homme a fait de l’animal le point central de son imaginaire et de son sacré. Plus tard, les philosophes grecs, les savants romains, les Pères de l’Église l’ont intégré à leur vision du monde et de la Création.

Le Moyen Age l’a mis au cœur de sa pensée, de ses écrits, de ses images. Chargé par Dieu d’un message symbolique et moral, l’animal est porteur de sens et fait exemple : il représente la voie vers Dieu ou au contraire la chute vers le Mal, il incarne les vertus ou au contraire les vices. Réaliste ou fantastique, il peuple donc les plus beaux manuscrits enluminés, bestiaires, encyclopédies et livres de chasse, il est omniprésent dans les fresques ou les chapiteaux romans, puis dans le décor sculpté ou peint des maisons riches. C’est l’avancée des sciences qui lui fait perdre sa place symbolique et le rabaisse dans un univers dominé par l’homme, non sans susciter le débat philosophique.

Dans le quotidien humain,  les rapports avec l’animal sauvage  sont  centrés sur la chasse et la pêche. La chasse est le plaisir noble par excellence et Gaston Fébus, le grand comte de Foix, en fut un des plus grands connaisseurs. Le paysan, lui, chasse pour se défendre contre les prédateurs,  il chasse aussi pour se procurer des ressources, primes et quêtes, vente du gibier et des peaux ; ce n’est qu’à la fin du XIX° siècle que la chasse et la pêche paysannes deviennent un loisir et un élément essentiel de la sociabilité villageoise.

Mais l’animal sauvage n’est pas qu’animal  chassé. Il peuple toujours l’imaginaire humain, il est au cœur des croyances populaires, des contes et légendes, il porte bonheur ou il est ingrédient de sorcier, il s’affiche dans les armoiries, dans les marges des registres, il est source infinie d’inspiration pour les poètes…

Au sein de ce monde sauvage, l’ours représente la plus intense des cohabitations pyrénéennes. Croyances populaires, fêtes calendaires, contes, légendes hagiographiques, décor des églises et même gagne-pain des oussaillès , l’ours est omniprésent dans la vie ariégeoise. L’ambiguïté qui préside aux rapports homme-animal est avec lui poussée à l’extrême : on en fait  le symbole des Pyrénées en même temps qu’on l’extermine.

 

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