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Si l’exil des républicains espagnols de 1939 occupe une place majeure dans l’histoire des relations franco-espagnoles, il a été précédé et suivi par des migrations qui, sans atteindre l’ampleur dramatiquement exceptionnelle de celle de 1939, n’en ont pas moins été régulières et importantes. Dès le moment où les Pyrénées, qui n’avaient jamais été une frontière naturelle, deviennent une frontière politique, séparant des Français et des Espagnols, la présence d’Espagnols devient de plus en plus perceptible dans les archives au fur et à mesure que les autorités civiles et militaires s’attachent à la surveiller, la contrôler et l’enregistrer.
De façon parfois ténue ou anonyme, les péninsulaires qui ont foulé le sol ariégeois en voisins, en amis, en ennemis ou en quête d’un asile, ont souvent laissé une trace dans les archives. Celles de l’Ariège nous les montrent, tour à tour, bergers, marchands, ouvriers, terrassiers, mineurs, contrebandiers, bandits, voleurs ou vagabonds, suspects ou ennemis, déserteurs, réfugiés, engagés ou résistants, jusqu’à, pour une partie d’entre eux, se fondre dans la population en devenant Français.
Ce sont ces sources que nous avons pris le parti de mettre, ici, en avant. Il ne s’agit, donc, pas d’écrire l’histoire des Espagnols en Ariège, mais, à travers quelques-uns d’entre eux, de présenter des documents d’archives, éclairés de leur contexte historique. D’apparence souvent ingrate et d’écriture parfois difficile à déchiffrer, ces archives sont les fils précieux qui tissent le récit de vies pour lesquelles l’Ariège a été une terre de passage, une terre d’étape ou celle de la fin du voyage.
Le prêt de l’exposition itinérante “Des Espagnols en Ariège, XVIème siècle – 1970“ est possible.