Les déplacements
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Mais on ne peut ignorer l’intensité des déplacements que connurent les temps passés, bien avant la mise en place de nos moyens modernes. Le grand commerce de l’axe Toulouse- Barcelone fit dès le Moyen Âge la fortune des petites villes de la vallée de l’Ariège et se complétait d’autres routes reliant Languedoc et Gascogne.
Toutes les catégories d’archives, publiques ou privées, concernant le commerce que nous avons citées précédemment peuvent en témoigner (avec une mention particulière pour les livres de raison de marchands), les actes notariés aussi ; on y ajoutera les fonds émanant des administrations fiscales de douanes ou de péages en tous genres dont les très précieux leudaires médiévaux. Foires et marchés donnèrent naissance à une importante activité de contrôle, de perception de droits et de répression des fraudes et délits qui pouvaient s’y commettre et en conséquence à une abondante documentation dans les archives des communes – depuis le Moyen Âge –, des provinces puis des préfectures et des cours de justice.
La transhumance apparaît dans toutes les archives concernant l’élevage et l’activité douanière, les pèlerinages dans les archives religieuses et dans les dispositions testamentaires. Tous les commerçants, du gros marchand au colporteur, tous les ouvriers saisonniers, pèlerins, bergers et autres voyageurs furent toujours – sauf sans doute les contrebandiers ! – sous le contrôle de la police quel que soit le régime, comme l’étaient aussi les réfugiés fuyant les persécutions religieuses (cathares ou réformés) ou la répression politique (émigrés de la Révolution, carlistes et républicains espagnols). De ces intenses échanges frontaliers, une institution originale, celle des lies et passeries, fut la garante du Moyen Âge à la Révolution : les modalités d’application de ces accords de sauvegarde mutuelle entre les vallées même en cas de guerre entre nations se révèlent essentiellement au travers des archives des communes.
On ajoutera enfin, concernant les déplacements, le grand déplacement définitif, l’émigration, qui conduisit les ariégeois de Dakar à New-York, d’Alger à Buenos Aires et que l’on peut évaluer à partir de l’action préfectorale d’encouragement ou de contrôle.