« La France baisant au front un jeune poilu »

1920 (AD09, 2 O 798)

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La première guerre mondiale est la première guerre à faire naître le besoin d’ériger des monuments aux morts, dédiés à la mémoire de ceux qui ont été tués, qui matérialisent la volonté collective de « se rappeler ».
Alors que leurs finances sont au plus mal, des communes trouvent néanmoins des solutions pour honorer leurs morts et font appel à des artistes. C’est le cas de Lavelanet qui vote le 21 juin 1919 une somme de 10000 francs pour l’érection d’un monument aux morts et crée un comité chargé de recueillir les souscriptions, de choisir le monument à partir de modèles présentés lors d’un concours et de proposer son emplacement.

C’est le projet du sculpteur Henri Proszynski qui est choisi le 26 juin 1920, avec un devis d’un montant de 45 000 francs. Le projet est soumis à la commission départementale d’esthétique. Cette dernière, créée en avril 1919, a pour mission d’aider les communes à faire face aux nombreuses sollicitations privées en examinant les projets. Elle approuve le projet le 19 octobre 1920 (« La partie sculpturale a une très belle expression d’art et se soude harmonieusement avec le socle. ») en proposant quelques modifications mineures. Le décret ministériel autorisant la construction est signé le 27 janvier 1921. La même année, le groupe sculpté, en plâtre blanc, réalisé par Henri Proszynski est exposé au Salon des artistes français à Paris et l’artiste obtient la médaille d’argent.

Le monument est érigé en face de l’ancienne mairie, sur la place de la Révolution, et inauguré le samedi 11 novembre 1922. En 1924, le monument est entouré d’une grille « pour le rendre plus coquet », grille réalisée par Jules Gilis, constructeur mécanicien de Lavelanet. S’y ajouteront les plaques dédiées aux soldats morts au cours du conflit de 1939-1945 puis dans les années 1960 celle dédiée aux militaires morts en Algérie.

Le monument est déplacé une première fois en 1952 et érigé selon les plans dressés par l’architecte de Pamiers, R. Laberty, en haut de l’esplanade de la Concorde, avec un nouveau soubassement de plan circulaire (le précèdent étant carré) et une nouvelle grille. Il est déplacé une deuxième fois, en 2001, à sa place actuelle, l’espace Pierre Mendès-France. Depuis le 6 août 2007, il est protégé au titre des Monuments historiques.