Le palais des évêques de Saint-Lizier

29 juillet 1930 (AD09, 1HDT/R95)

Publié le – Mis à jour le

Ce dessin en couleur de l’ancien Palais des Evêques de Saint-Lizier a été réalisé par un patient de l’hôpital psychiatrique. Élève de l’Orphelinat Protestant de Saverdun dont les parents divorcés résident à Paris, ce jeune homme a été hospitalisé sur réquisition du maire de Saverdun suite à des comportements anormaux et de violentes crises au sein de l’orphelinat. Le dessin est extrait d’une lettre adressée, le 29 juillet 1930, à une de ses amies habitant Mazamet, lettre qui figurait dans son dossier médical.

Le Palais des Évêques fut résidence épiscopale jusqu’à la Révolution. Le Concordat supprimant l’évêché de Couserans en 1801, il devient la propriété du Conseil général de l’Ariège. Il connaît alors diverses affectations, mairie puis prison avant de s’orienter vers des missions d’assistance en devenant dépôt de mendicité de 1808 à 1838. Il est converti, par ordonnance royale du 5 mars 1838, en maison départementale de santé et d’aliénés prenant toujours en compte l’assistance mais aussi les soins médicaux et hospitaliers ; l’établissement est réservé exclusivement aux individus atteints de divers degrés d’aliénation mentale, aux indigents épileptiques mais aussi aux indigents et filles ou femmes publiques infectés du mal vénérien. Le service intérieur est confié, sous la surveillance et la direction d’une commission administrative, aux Sœurs de Nevers.

L’hôpital change de dénomination selon les périodes : asile d’aliénés en 1850, maison de santé départementale en 1929 puis hôpital psychiatrique départemental en 1937 avec le départ des Sœurs de Nevers. Il demeure sur les hauteurs de Saint-Lizier jusqu’en 1969. A cette date, avec l’arrivée de nouvelles thérapies et le besoin de locaux adaptés aux soins modernes, l’hôpital, devenu inadapté, est transféré sur l’autre rive du Salat dans les locaux de l’actuel Centre Hospitalier Ariège-Couserans sur le site de Rozès.


Le Palais des Évêques restera inexploité quelques années jusqu’à ce que le Conseil général décide de valoriser ce site et, à partir de 1992, d’y installer le Musée départemental et ses collections d’arts et traditions populaires.