Registre des reconnaissances de Ganac, Prayols et Montoulieu

1783-1785 (AD09, 8 J 49)

Publié le – Mis à jour le

Si le cadastre est le document qui lie, depuis des siècles, l’homme à sa terre, le livre de reconnaissances est le document qui lie le seigneur, propriétaire de la terre, à ses tenanciers.

Dans un livre de reconnaissances, chaque tenancier vient déclarer le nombre, l’étendue, les confrontations de toutes les parcelles de terres qu’il cultive et dont il doit payer les redevances, surtout le cens. On peut aussi trouver des reconnaissances générales de la communauté dans son ensemble au seigneur.

Ces livres constituent des documents de comptabilité domaniale et seigneuriale. Ils permettent d’instaurer, restaurer ou perpétuer un lien social et une hiérarchie fondés sur la circulation et la possession de la terre. Ils sont aussi la preuve que l’écrit et l’acte notarié ont une place essentielle.

Souvent d’apparences austères, ces livres rencontrent parfois un scribe plus inventif, un peu artiste, sans doute un peu poète, tel Maitre Jean-François Séguier, notaire royal de son état, qui puise dans la nature une source infinie d’inspiration. Son imagination l’a conduit à décorer ce registre de reconnaissances de Ganac, Prayols et Montoulieu faites au marquis d’Hautpoul, en 1783-1785, en y dessinant le petit monde familier de la faune et de la flore auquel il mêle tout un monde tiré de son imaginaire.
Ainsi, emmêlés de décors végétaux ou boisés, on y trouve des oiseaux (coqs, colombes, corbeaux, hiboux, oiseaux de proie, paons), des animaux domestiques (boucs, moutons, bœufs, chevaux, chiens de chasse), des insectes (araignées, mouches, papillons, chenilles, sauterelles), des animaux sauvages (souris, renards, hérissons, écureuils, serpents, grenouilles, lézards ou cerfs), des animaux exotiques ou imaginaires (lions, perroquets, léopards, licornes, dragons), des angelots, des sirènes et même le dieu Hermès.