La lettre de Louis XIII aux consuls de Foix
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Le 14 mai 1610, alors qu’il se rend au chevet de son ami malade, le surintendant des finances Sully, Henri IV est assassiné par François Ravaillac. Louis XIII n’a que 8 ans et demi et sa mère, Marie de Médicis, est nommée régente. La régente et son entourage décident d’informer immédiatement de la nouvelle les autorités locales[1]. Les secrétaires d’état du roi rédigent les lettres officielles qui sont expédiées dans l’après-midi du 14. C’est la version de Paul Phélypeaux de Pontchartrain que reçoivent les consuls de Foix quelques jours plus tard, le 22 mai. Louis XIII y annonce “l’accident arrivé ce jourd’huy en la personne du roy notre très honnoré seigneur et père qui a esté malheuresement blessé d’un coup de cousteau, dont il est décédé. Le meschant qui a faict cest acte a esté pris a l’instant […]”. Il exhorte au calme et à l’obéissance.
Henri IV avait maintenu jusqu’alors le royaume dans une paix précaire, mais qui avait permis son redressement. La nouvelle de son assassinat vient réveiller toutes les peurs : peur de voir renaître les troubles religieux, peur d’une invasion espagnole. Le pays tout entier se met en défense et commence à réparer ses fortifications et à s’armer. La confirmation de l’Edit de Nantes, le 22 mai, et l’alliance des autorités civiles, administratives, militaires et politiques, en une sorte d’union sacrée, maintiennent le pays dans le calme.
Quant au tout jeune roi, confronté à la froideur et à la dureté d’une mère qu’il craint, il reste meurtri par la perte brutale de ce père qu’il adorait. Henri IV lui consacrait en effet tout le temps qui lui était possible même s’il savait se montrer sévère avec son héritier tant désiré. Les relations entre le roi et sa mère se dégraderont encore au fil des années. Louis XIII mourra quelques mois après Marie de Médicis et 33 ans jour pour jour après l’assassinat de son père, le 14 mai 1643.
[1] Cf. Michel Cassan, La grande peur de 1610. Les Français et l’assassinat d’Henri IV, Ed. Champ Vallon, 2010.