Les plaques indicatrices de direction

1835 (AD 09, 10 FI 59)

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Elles font partie du petit patrimoine de nos villages et pourtant, nous passons sans cesse devant elles sans les apercevoir. Solidement accrochées, les plaques de cocher sont un souvenir du temps où la route était fréquentée par de puissantes diligences, dont le crissement des roues cerclées de fer conjugué au claquement des sabots ferrés des équipages rythmait la vie des villageois.


Si la signalisation routière remonte à l’époque romaine, avec les premières bornes de jalonnement, c’est à partir du XVIIe siècle que des panneaux indiquant direction et distance apparaissent sur les routes postales sous l’impulsion de Sully puis de Richelieu. Ils permettaient aussi de calculer le salaire des conducteurs de malle poste, payés selon la longueur de la course. En 1811, les routes sont enfin numérotées avec un numéro attribué dans le sens des aiguilles d’une montre, en partant de Paris. Le 15 avril 1835, une loi ordonne à chaque commune d’apposer sur la place principale une plaque mentionnant les distances jusqu’à la prochaine commune. Petit à petit, des plaques sont installées aux carrefours, souvent fixées sur les façades des maisons et posées à une hauteur de 2,5 m à 3 m, soit à hauteur de cocher, d’où leur nom.

L’une d’entre elles est bien visible, sur cette carte postale d’Augirein, au tout début du XXe siècle. Positionnée en façade, sur le chemin de grande communication n° 17 qui relie Foix à Portet-d’Aspet par Massat, elle indique les distances des communes voisines : Castillon à 11,7 km et Portet à 6 km.

Ces panneaux indicateurs ou « plaques de distances légales », selon le terme officiel, semblent n’apparaître en Ariège que tardivement, vers 1892-1893, sans doute à la faveur de la renumérotation du réseau routier ariégeois décidé par le Conseil général en 1891. Elles sont moulées en fonte et mesurent 70 cm en longueur et 35 cm en hauteur. Les indications doivent être en relief, de couleur blanche, sur un fond bleu foncé.

L’arrivée de l’automobile sonne la fin des plaques de cocher trop hautes pour être vues des conducteurs. Elles sont peu à peu remplacées par les plaques émaillées (à partir de 1908) et les bornes d’angles (à partir de 1918) financées par Michelin et d’autres constructeurs automobiles (Dunlop, Peugeot, Citroën etc.).

Celles qui subsistent encore, offrant au randonneur curieux ou à l’automobiliste égaré un petit goût de XIXe siècle, sont devenues des objets patrimoniaux. Ainsi, en juillet 1996, 48 plaques ariégeoises sont protégées au titre des Monuments historiques ; 7 plaques supplémentaires le sont en 2000. Hélas, beaucoup ont disparu en même temps que les maisons qui les accueillaient ou lors de travaux de façades. Alors, pour admirer les survivantes, devant une maison ancienne, à la croisée de chemins, pensez à lever les yeux !