Jean-Jacques Pouech (1814-1892)
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Encouragé tôt à recevoir une formation sacerdotale à laquelle ses capacités intellectuelles le prédisposaient, Jean-Jacques Pouech est ordonné prêtre en décembre 1839. Il poursuit parallèlement des études en théologie et peut satisfaire son goût pour les sciences, en suivant, durant deux années, les cours de physique, chimie et géologie à la faculté de Toulouse. Le jeune prêtre est rappelé à Pamiers pour dispenser au séminaire des cours de théologie, mais aussi des cours de sciences à ses nombreux élèves. Il poursuit parallèlement des recherches dans diverses disciplines : la théologie d’abord, les sciences ensuite mais aussi l’histoire, l’astronomie, la météorologie, l’ornithologie, la paléontologie, la botanique, l’archéologie… Il observe le monde, le consigne, le catalogue et surtout s’émerveille de l’infinie beauté du monde, voyant en toute chose observée une part infime de la création divine. C’est ainsi qu’entre foi et raison se construit son œuvre.
Mais Jean-Jacques Pouech n’est pas qu’un simple amateur. Il est reconnu par les plus grands scientifiques français de son temps pour la valeur de ses recherches géologiques, archéologiques ou paléontologiques. Il publie peu cependant, préférant se consacrer à l’observation et à la description qu’à la restitution de ses connaissances : nombre de ses travaux, en particulier dans le domaine de la paléontologie, restent méconnus !
Pendant plus de cinquante ans, ce fin observateur a arpenté l’Ariège, de long en large, des plus profondes cavités à certains des plus hauts sommets, à pied, à cheval, en train, en calèche ; il a noté ou dessiné ce qu’il voyait, effectué des prélèvements, collectionné des objets. Ainsi son fonds documentaire renferme un bel ensemble de 109 carnets densément remplis et de 226 cartes manuscrites. En témoignent les deux documents présentés ici :
- une page de ses carnets où il a dessiné et aquarellé un scarabée sacré de l’Égypte antique, en jadéite, découvert à Dun en 1883, accompagné de la transcription des hiéroglyphes et du contexte de la découverte ;
- une des multiples cartes géologiques consacrée au territoire de la commune du Mas-d’Azil, autour du cours de l’Arize. Sur la base des planches cadastrales du Mas-d’Azil au 1/10 000e, il a dessiné les courbes de niveau pour restituer le relief et les strates des roches identifiées auxquelles il a affecté un code de couleur.
Ses collections et son fonds documentaire, déposés dans les réserves et les magasins de la Conservation départementale et des Archives départementales de l’Ariège, permettent aujourd’hui appréhender l’ampleur et la portée de ses travaux et de replacer Jean-Jacques Pouech parmi les grands scientifiques de l’histoire des sciences dites de la terre du XIXe siècle.