Le mystère des sarcophages de Foix
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Entre le 16 et le 24 mai 1933, trois sarcophages contenant des ossements sont découverts, dans le sous-sol d’un immeuble en construction, près du palais des gouverneurs, au pied du château de Foix. Des fouilles sont entreprises afin de percer le mystère de ces tombes. Tandis que la presse locale se fait l’écho de ces découvertes, des membres de la Société ariègeoise des sciences, lettres et arts (SASLA) et les archéologues Joseph Mandement et François Charles Octobon analysent les ossements et objets découverts.
Plusieurs hypothèses sont avancées : pour les uns, c’est le lieu servant de nécropole aux hommes d’armes qui composaient la garnison du château ; pour d’autres, s’inspirant du Mémorial historique de Jacques Delescazes, ce sont les religionnaires protestants condamnés le 8 décembre 1562 à être « pendus et étranglés dans la ville de Foix et tout contigu des murs du château. » ; pour le comte de Tréville, président de la SASLA, « les sarcophages en pierre, isolés par un mur du reste du cimetière, renferment les corps de membres de la famille comtale ». Jean Causson, érudit local, avance l’hypothèse de la découverte du tombeau d’Esclarmonde, fille de Roger-Bernard de Foix, tandis que certains évoquent, de façon fantaisiste, les restes de saint Volusien !
Les archéologues Mandement et Octobon rendent compte dans la presse et lors d’une séance de la SASLA de leurs recherches. Leur hypothèse est que les sarcophages ont été trouvés à l’emplacement d’une crypte, qui aurait correspondu à la première église de Foix, que ces sarcophages ont pu être réservés à des membres de la famille comtale ou à des personnalités importantes et qu’ensuite l’emplacement a servi de cimetière.
Aujourd’hui, le mystère de ces sarcophages n’est toujours pas résolu : leur découverte ne semble avoir donné lieu à aucune publication scientifique, pas même dans le bulletin de la SASLA. Alors que, dès le 18 mai 1933, Charles Donat, propriétaire du terrain et membre de la SASLA, manifestait son intention de faire don des sarcophages au musée de l’Ariège, ceux-ci se trouveraient toujours à l’emplacement où ils ont été découverts, tombés dans le plus parfait oubli.