La première course cycliste de l’Ariège : Pamiers 1869
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L’Exposition universelle de Paris qui se clôture en novembre 1867 présente une véritable révolution pour le monde du bicycle : le vélocipède. Plusieurs modèles de cette nouvelle machine y sont en effet exposés. Ils sont une évolution des vieillies draisiennes, que l’on poussait avec peine et avec les pieds. Dorénavant, on actionne la roue avant avec une manivelle reliée à des pédales, ce qui en démultiplie la vitesse et la distance que l’on peut parcourir. Les nouveaux modèles sont commercialisés quelques mois plus tard par Pierre et Ernest Michaux associés aux frères Olivier.
Le public est immédiatement conquis et les ventes s’envolent. Si l’engouement pour les courses vélocipédiques est populaire, la pratique reste réservée à la noblesse et à la bourgeoisie (il faut compter l’équivalent d’un mois de salaire d’un ouvrier pour l’achat d’un modèle). Le fils de l’Empereur Napoléon III lui-même se prend de passion pour cette nouveauté, et bientôt on retrouve le vélocipède à travers tout le pays et dans toutes les conversations. Dès juillet 1868, une première course a lieu à Toulouse. En août, le public de Saint-Gaudens, de Castres et de Carcassonne découvre les courses vélocipédiques « avec leurs péripéties comiques, leurs surprises, leur étrangeté » pour citer l’envoyé du quotidien toulousain Le Progrès Libéral. C’est un spectacle !
Et en Ariège ? Les nouveaux bicycles font déjà parler d’eux à Foix : le journal Le Vélocipède y est fondé cette même année 1868. Toutefois, rien à voir avec la machine. Il s’agit, en fait, d’un journal satirique qui tente, comme l’indique le poème publié en première page de son premier numéro, de tromper « Dame Police », c’est-à-dire la censure impériale.
L’engouement pour le vélocipède ne passe pas inaperçu. Ainsi la Commission en charge de l’organisation des fêtes de Foix, annonce dans la presse locale son intention de proposer des courses pour l’édition de 1869. Il en est de même pour la municipalité de Pamiers, dont les fêtes ont lieu au même moment. Si la première n’arrive pas à réunir les fonds nécessaires, la seconde organise les toutes premières courses de « vélos » de l’Ariège : le 5 septembre 1869, sur la l’esplanade de Milliane, s’enchaînent courses de vitesse, de distance, et même une réservée aux enfants. Le public est nombreux, venu de toute la région, grâce, notamment, à la Société des Chemins de Fer du Midi qui a affrété un train pour la fête de Pamiers.
Pamiers conserve son rôle de pionnière du cyclisme dans la région dans les années suivantes, en fondant, en 1886, le Cyclo club appaméen, l’un des dix premiers clubs cyclistes de France.