L’incendie de la Tour ronde, 9 septembre 1867

(1867, 4 Fi 52, 83 Fi 15)

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En 1867, la réputation des fêtes de Foix n’est plus à faire. Le journaliste de L’Ariégeois qui, le 14 septembre 1867, rend compte du déroulé de ces fêtes ne trouve rien à reprocher aux organisateurs que l’usage des lumières électriques jugées trop vives et celle des globes à bougie « qui endommagent les toilettes par les gouttes de cire qui en découlent ».

Ces fêtes sont traditionnellement une grande réussite et attirent des milliers de visiteurs. Les 7, 8 et 9 septembre, s’enchaînent des salves d’artillerie, des marches aux flambeaux, des jeux, des illuminations, des concerts, des bals, des tombolas. Le clou du spectacle est donné le dernier jour, à 22 heures, avec un simulacre de siège et de bombardement du château : « Les assaillants montèrent à l’assaut, au son des fanfares et des tambours. Cependant les assiégés se tenaient immobiles derrière les remparts de la forteresse. Lorsque la colonne d’attaque fut parvenue sur la plateforme, au pied des tours, une vive fusillade l’accueillit et provoqua, dans ses rangs, une riposte très énergique. Ce fut alors, durant vingt minutes, une lutte des plus acharnées. Des milliers de globes enflammés, de différentes couleurs, sillonnaient l’espace ».

Le bal reprend sitôt le spectacle terminé : « L’enivrement de la danse entraînait déjà les joyeux quadrilles quand une aigrette radieuse apparut soudain au sommet de la tour ronde et attira les regards de promeneurs. La flamme, gagnant du terrain, enveloppa insensiblement tout le couvert et bientôt l’incendie se dressa, sublime, à l’extrémité du monument seigneurial ».

La foule finit par comprendre que l’incendie est bien réel. Malgré l’intervention des habitants, des militaires de la garnison et des sapeurs-pompiers, il est impossible de faire monter les pompes sur la plate-forme du château. Le parti est pris de se contenter d’éviter la propagation du feu aux maisons construites autour du rocher. La charpente et la toiture de la tour ronde sont entièrement détruites … à la satisfaction générale semble-t-il.


En effet, beaucoup déploraient la laideur de cette toiture qu’on attribuait, à tort, à des travaux réalisés vers 1825-1827. Les trois tours avaient, sans doute de tout temps, étaient couvertes : en témoigne un dessin conservé à la Bibliothèque nationale datant de la moitié du XVIIe siècle. La toiture en poivrière, de la fin du Moyen Age, avait dû être reconstruite suite à un incendie provoqué par la foudre en 1667. Les travaux menés au début du XIXe siècle avaient encore enlaidi la toiture. Déjà en 1854, l’architecte en chef du département de l’Ariège proposait de retirer la couverture en ardoise. La presse ne cache pas sa satisfaction : « Cette restauration, œuvre improvisée d’un heureux incendie, était, depuis bien des années, dans le vœu public » (L’Ariégeois, 14 septembre 1867) ; « le feu s’est contenté de détruire, avec une sorte d’intelligence, une lourde toiture en charpente élevée sur le sommet de la tour et dont elle dénaturait le caractère. Aujourd’hui la vieille tour, débarrassée de ce hideux appendice, dessine dans les airs son élégante silhouette et montre avec orgueil les fiers créneaux de sa couronne » (Le Temps, 17 septembre 1867). Le vœu public fut entendu : le manque de crédits aidant, l’on ne restaura jamais la toiture de la tour ronde.