Bulle du pape Clément V portant confirmation d’un accord entre le comte de Foix, l’évêque et le chapitre de Pamiers au sujet du paréage de Pamiers
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Le paréage est un contrat de droit féodal qui permet à deux seigneurs de posséder un territoire en indivision. Depuis 1111, la terre de Pamiers est ainsi « co-propriété » du comte de Foix et de l’abbé de Saint-Antonin de Pamiers. Le paréage est renouvelé par le traité de Paris de 1229, puis en 1232 par Roger-Bernard II et en 1241 par Roger IV.
Mais le comte et l’abbé sont longuement en conflit aux cours des XIIe et XIIIe siècle et le soutien des comtes de Foix aux hérétiques « cathares » accroît encore les tensions avec l’abbé et son chapitre. A la fin du XIIIe siècle, un nouveau conflit oppose le comte de Foix, Roger-Bernard III, à l’abbé de Pamiers, Bernard Saisset, fraichement nommé évêque du tout nouveau diocèse de Pamiers, créé en 1295. A l’initiative du roi de France, le seigneur de Mirepoix, Gui de Lévis, joue les arbitres et obtient une réconciliation vers 1296-1297 entre les deux seigneurs. Un accord amiable permet de « délimiter » les droits de chaque co-seigneur dans la cité de Pamiers et ses dépendances, et le paréage est remis en vigueur en juin 1300.
Tous deux en disgrâce auprès du roi de France, le comte de Foix pour avoir refusé de livrer les meneurs d’une révolte locale contre les agents du pouvoir royal, et l’évêque pour avoir tenu des propos outrageants contre le roi, les deux hommes demandent au pape de confirmer leur accord sur le paréage de Pamiers. C’est l’objet de cette bulle délivrée par Bertrand de Got, élu en 1305 pape sous le nom de Clément V (premier pape d’Avignon). La bulle pontificale est promulguée à Lyon le 22 novembre 1305, une semaine après le couronnement du pape qui a eu lieu le 14 novembre 1305. Le terme de bulle désigne aussi bien le document, rédigé sur parchemin et en latin selon les règles de la chancellerie pontificale, que le sceau en plomb, portant d’un côté le nom du pape, ici Clément V, et de l’autre les visages des apôtres Pierre et Paul, sous les initiales SPA SPE (saint Paul, saint Pierre).