Émile Cartailhac, Félix Garrigou et Jules Molard louent la grotte de Niaux

Octobre 1906 (AD 09, 7 P 61)

Publié le

Parmi les nombreuses grottes de l’Ariège, la grotte de Niaux avec ses dessins préhistoriques d’animaux sur les parois, est probablement la plus prestigieuse. Les graffiti, retrouvés en grand nombre, attestent que la grotte est visitée au moins depuis le XVIIe siècle. Félix Garrigou, en 1866, avait visité la grotte et noté l’existence des dessins mais sans réussir à les interpréter. Il faut attendre le 21 septembre 1906 que le commandant Molard et ses fils redécouvrant les dessins d’animaux de la salle de la Rotonde (ou salon noir) de la grotte de Niaux, alertent Émile Cartailhac, professeur d’archéologie préhistorique à l’Université de Toulouse. Le grand préhistorien qui, après avoir mis en doute l’existence d’un art pariétal paléolithique, en a reconnu l’importance, entreprend d’étudier et de faire le relevé des œuvres de la grotte de Niaux.

Les Archives départementales conservent les premiers écrits relatifs à la découverte scientifique des peintures et à la nécessité de protéger la grotte, dont ces lettres échangées avec le préfet et demandant la location de la grotte. Celle-ci est fermée au public afin de faciliter les recherches, mais surtout pour éviter les dégâts irréparables que pourraient commettre les visiteurs. Elle ne sera ré-ouverte que plus tard sous la surveillance d’un gardien assermenté. Plusieurs concessions pour recherches scientifiques furent accordées par le Préfet de l’Ariège à Émile Cartailhac jusqu’en 1921, puis après son décès à Henri Begouën, à l’abbé Breuil et au docteur Cuguillères jusqu’en 1928.

Émile Cartailhac a reçu immédiatement le soutien du ministère de l’Instruction publique et des Beaux-Arts conscient que les peintures de Niaux étaient un « Trésor national ». La grotte est classée monument historique le 13 juillet 1911. D’autres découvertes suivront au fur et à mesure de son exploration tout au long du vingtième siècle.