Inventaire de l’église de Cominac

1906 (AD09, 2 Fi 765-769, 18 Fi 118-119)

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La loi du 9 décembre 1905 rompt définitivement avec le concordat de 1801 qui régissait les rapports entre le gouvernement français et les églises. La laïcité, la liberté de conscience, le libre exercice des cultes sont instaurés posant de fait le principe de la séparation des Eglises et de l’Etat. Cette loi fut violemment critiquée et rejetée par le Vatican. Une partie du clergé français la soutiendra tandis que l’autre s’y opposera avec véhémence. Toutefois les juifs et protestants y feront un bon accueil.

Suite au vote de cette loi, des opérations d’inventaires des biens et mobilier des fabriques d’église, des presbytères et des menses succursales sont organisées dans toute la France avec la plupart du temps des incidents. C’est le cas dans beaucoup de communes de l’arrondissement de Saint-Girons où de nombreux actes de résistance se produisent obligeant bien souvent le Préfet de l’Ariège à réquisitionner la force armée afin de prévenir ou de dissiper les attroupements destinés à empêcher la réalisation de ces inventaires.

Cette résistance à l’autorité s’illustre particulièrement dans la commune d’Ercé. Le 6 mars 1906, le percepteur d’Oust Pierre Peytou ne put procéder à l’inventaire de l’église de Cominac. Quand il se présenta avec les gardes champêtres et l’adjoint au maire à l’entrée du village, les cloches se mirent à sonner et la population, près de 300 personnes, se précipita en masse en direction de l’église. Les curés de Cominac, Aleu, Aulus et le vicaire d’Ercé étaient également présents, mais aussi trois ours magnifiques et imposants, tenus en laisse par leurs propriétaires. L’agitation et les protestations furent telles que le percepteur après avoir essayé de parlementer et peu rassuré par les ours prit le parti de se retirer, escorté par des jeunes gens clamant « nous voulons Dieu et l’honneur à Cominac ». L’affaire connut un écho international puisque les photographies réalisées firent la Une de l’Illustration et furent reprises dans les journaux étrangers.

Cet exemple témoigne une spectaculaire manifestation de protestation résultant de la cohésion interne de la communauté et d’une résistance systématique à toute ingérence extérieure notamment des représentants de l’administration.