Mominette, la préférée du poilu
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Le 1er février 1913, Michel Stahl et Paul Marty s’associent pour la création d’une distillerie à Foix qui assurera la fabrication, l’achat et la vente de toutes sortes de boissons, spiritueux, liqueurs et vins ainsi que du matériel devant servir à l’alimentation des limonadiers et des particuliers. La distillerie s’appellera « Au Transpyrénéen – Distillerie à vapeur et boissons gazeuses Paul Marty et Cie ». La direction de la nouvelle société est assurée par Paul Marty et la production démarre le 22 novembre 1913.
L’Ariège pittoresque, dans son numéro du 4 décembre 1913, salue cette création : « Nous souhaitons plein succès à cette entreprise qui vient pour sa part réaliser nos désirs si souvent exprimés de voir l’Ariège entrer résolument dans la voie du progrès et se rapprocher de plus en plus du maximum de prospérité dont elle est susceptible et digne à tous égards ». Les deux hommes ouvrent, dès janvier 1914, un magasin de détail à Pamiers afin que « les fins gourmets appaméens [puissent] ainsi se procurer facilement les excellents produits de la nouvelle distillerie à vapeur dont l’installation toute moderne permet de fabriquer la meilleure qualité aux prix les plus avantageux ».
Jean Marty, alias Paul, nait en 1871 à Pamiers. Il semble avoir eu plusieurs métiers : ouvrier typographe, expert-comptable et enfin industriel liquoriste, profession qu’il exercera jusqu’à son décès à Foix en octobre 1942. Même si l’association avec Michel Stahl prévoyait que Paul Marty n’exercerait son commerce de distillateur que dans les localités non exploitées par la brasserie Stahl, l’association ne survit pas à la première guerre mondiale. En 1919, Paul Marty s’installe à son compte sur les allées Villote à Foix. En 1920, la distillerie P. Marty produit plus de 20 000 bouteilles de spiritueux et 800 bouteilles de vin.
Comme beaucoup de commerçants, Paul Marty utilise les affiches artistiques diffusées par la Maison Sirven, vieille imprimerie toulousaine créée en 1834. Celle-ci produit quantité d’affiches de publicité et s’attache les services d’artistes comme Alfons Mucha. Mais c’est à Gaspar Camps i Junyent (1874-1942), peintre, affichiste et illustrateur barcelonais, que l’on doit le portrait de cette jeune fille du printemps 1920. Gaspar Camps, très influencé par Mucha, s’est installé en France en 1905, à Paris puis à Toulouse où, pendant 25 ans, il est directeur artistique de la maison Sirven.
Il y réalise un grand nombre d’affiches, de calendriers et de cartes postales dans lesquels le personnage représenté est presque toujours une femme. Paul Marty, en ajoutant un titre à cette jolie affiche style Art nouveau, a voulu joué sur les deux sens du mot « Mominette » qui désigne une jeune fille mais aussi et surtout, un petit verre d’alcool fort, généralement de l’absinthe puis, à partir de 1915 date de l’interdiction de fabrication de l’absinthe en France, une boisson spiritueuse, aromatisée à l’anis et à la réglisse, originaire de Provence et très prisée des Méridionaux !