Des chefs-d’oeuvre des musées parisiens conservés en Ariège

1942 (AD09, 64J708, 325EDT/H44)

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Dès la déclaration de guerre à l’Allemagne, en septembre 1939, des convois d’œuvres d’art quittent les musées parisiens pour la province afin d’échapper aux spoliations ou aux destructions allemandes. Parmi ces œuvres, celles conservées au musée du Petit Palais dont Raymond Escholier a pris la direction en 1933 et qui prennent la direction de la Sarthe puis de l’Ariège.

Né à Paris en 1882, Raymond Escholier est, par son père, issu d’une famille ariégeoise originaire de Mirepoix où il vient régulièrement passer ses vacances. En 1905, il a épousé à Varilhes Marie-Louise Pons-Tande, elle-même mirapicienne. Romancier, journaliste, critique d’art, il a dirigé le musée Victor Hugo avant de prendre la direction de celui du Petit Palais. Il enrichit les collections du musée d’œuvres d’artistes contemporains et expose les grands artistes de son époque : Henri Matisse, Marie Laurencin, Marc Chagall, Maurice Utrillo, Pablo Picasso, Suzanne Valadon, Fernand Léger, Georgio De Chirico, Raoul Dufy etc.

En juin 1940, après un séjour de huit mois dans la Sarthe, les principales œuvres du Petit Palais prennent le chemin de l’Ariège, en zone non occupée, où Raymond et Marie-Louise Escholier mettent à disposition le domaine de Malaquit dit aussi Malachite, maison familiale de Marie-Louise à Mirepoix. Mais, le 11 novembre 1942, les Allemands franchissent la ligne de démarcation et envahissent la zone sud du pays. Le lendemain, Raymond Escholier adresse au maire de Mirepoix un courrier lui rappelant que le domaine de Malaquit est déjà réquisitionné et qu’il ne doit délivrer aucun autre bon de réquisition pour loger des soldats allemands.

Les œuvres d’art resteront à Malaquit, sous la surveillance du personnel du Petit Palais jusqu’en janvier 1943. Cette même année, Raymond Escholier est mis d’office à la retraite. Son adjoint, René Héron de Villefosse, devenu directeur du Petit Palais, vient récupérer les œuvres d’art pour les ramener à Paris. Claude Escholier, le fils de Raymond, se souvient que le camion, chargé des œuvres, refusa de démarrer, sans doute saboté, et qu’il fallut atteler deux paires de bœufs pour quitter Mirepoix.