Le comte de Foix, allié du roi de France et ennemi du comte d’Armagnac
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L’abbaye de Solesmes a fait don, en 1990, de quelques documents médiévaux qui faisaient partie des archives des comtes de Foix conservées dans la Tour ronde du château de Foix. Parmi ces documents figure un petit parchemin contenant des lettres patentes données à Marmande, le 8 octobre 1342, par Jean de Marigny, évêque de Beauvais. Jean de Marigny, par ailleurs frère du célèbre conseiller de Philippe le Bel, Enguerrand de Marigny, est un proche du roi Philippe VI de Valois qui lui a confié la lieutenance du Languedoc, de la Gascogne et de la Saintonge en 1339, soit deux ans après le début du conflit qui va opposer pendant plus d’une centaine d’années le roi de France à son vassal, le roi d’Angleterre.
Par ces lettres patentes, Jean de Marigny ordonne le paiement des gages aux soldats que Gaston II de Foix a mis à disposition du roi de France pour la défense de la Guyenne. Gaston II a, en effet, mobilisé, 500 hommes d’armes et chevaliers et 2500 fantassins. Ce document illustre l’aide constante qu’il apporte au roi de France durant la guerre de cent ans, que ce soit en Gascogne, en Languedoc ou en Flandre. Il s’inscrit également dans la suite d’une série de lettres patentes renouvelant l’ordre aux trésoriers de France de payer les gages des soldats de Foix restés impayés, signe des difficultés financières de la royauté.
Allié sans faille du roi de France, qui le récompensera largement, Gaston II n’en oublie pas pour autant ses intérêts privés et notamment le conflit qui l’oppose, depuis 1290, au comte d’Armagnac dans la succession du Béarn et du Marsan. Lors des trêves que la guerre contre les Anglais lui laisse, Gaston reprend sa guerre contre les Armagnac. Cependant le roi de France n’entend pas que les gages qu’il verse au comte de Foix servent à alimenter sa guerre contre son ennemi juré et Jean de Marigny précise bien que le paiement des gages dus aux soldats du comte de Foix est conditionné à une période de paix entre les deux grandes familles méridionales.
La suite de ce conflit est bien connue : l’unique enfant de Gaston II, Gaston Fébus, y mettra un terme par sa victorieuse bataille de Launac en 1362 et par le traité de paix signé le 14 avril 1463, dans l’église de Saint-Volusien à Foix, par lequel Jean d’Armagnac, reconnaît à Fébus la propriété du Béarn. Fébus s’attachera également à rester neutre dans le conflit qui oppose la France à l’Angleterre, préservant habilement ses sujets d’une guerre qui ravageait les terres voisines.