Les attelages de chiens
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Le chien a été le premier animal domestiqué par l’Homme. Depuis l’Égypte ancienne, il l’a accompagné dans la vie quotidienne en tant que gardien, chasseur ou compagnon. Son utilisation comme animal de trait est quant à elle plus récente. Si quelques sources antiques et médiévales témoignent de rares utilisations, c’est essentiellement à partir du XVe siècle que l’usage se répand, pour atteindre son apogée au XIXe siècle.
Les marchands ambulants, à Lavelanet et à La Bastide-de-Sérou par exemple, se servent le plus souvent de ces voitures à chiens pour le transport des marchandises. Elles sont aussi utilisées par des personnes à mobilité réduite (vieillards, infirmes) ou des écoliers. Ce sont les classes sociales les plus modestes qui ont l’usage de ces attelages, peu coûteux et faciles d’entretien. Le chien est « le cheval des pauvres » qui les assiste dans certaines tâches et/ou les transporte, à une époque où se développent partout les besoins de mobilité.
Les attelages sont très variés. Ils peuvent avoir été bricolés avec des pièces de récupération ou confectionnés par un charron, avec deux ou quatre roues et tirés par un ou plusieurs chiens. Les chiens, harnachés comme des chevaux, sont généralement de grand gabarit pour supporter les lourdes charges.
L’utilisation du chien comme animal de trait divise la société. Les vétérinaires et sociétés de défense des animaux s’inquiètent du mauvais traitement subi par les chiens qui ne seraient pas physiquement adaptés à la traîne et qui supporteraient des charges déraisonnablement lourdes.
La loi Grammont du 2 juillet 1850 marque un premier tournant pour la prise en compte de la cause animale et réprime les mauvais traitements envers les animaux. De plus, les attelages de chiens sont accusés d’effrayer les chevaux et de provoquer des accidents. La réalité économique freine toutefois l’interdiction pure et simple de l’attelage des chiens en France.
En 1897, dans chaque département, un arrêté préfectoral autorise ou interdit l’utilisation des voitures à chien. En Ariège, le préfet autorise ces attelages. Ce n’est qu’après la première guerre mondiale, qu’une circulaire ministérielle en date du 26 janvier 1925 interdit les attelages de chiens dans toute la France. En Ariège, un arrêté préfectoral met en place cette mesure à la date du 30 janvier 1925.
Des demandes de dérogations sont alors émises par des infirmes ou des marchands ambulants. Le préfet de l’Ariège semble en avoir accordé aux infirmes nécessiteux comme en témoigne l’autorisation donnée à Auguste Toussaint Marty, mutilé de guerre habitant à La Bastide-de-Lordat. Des conditions de taille et de force du chien sont toutefois émises accompagnées de l’interdiction de sévices et d’abus dans les déplacements.
Après la Seconde Guerre mondiale et avec le développement du vélo et la prolifération des véhicules à moteur, la pratique disparaît définitivement. Le rôle essentiellement économique du chien laisse aujourd’hui place à des rôles de sauvetage, d’assistance, de thérapie et/ou encore de membre du foyer à part entière.